« La peinture, c’est l’espace total, tandis que le noir et blanc est lié au déplacement graphique dans l’espace. J’en reviens à mes problèmes d’écriture et de dyslexie : le dessin est pour moi une forme d’écriture. J’ai fait de la planche à voile pendant trente ans en Bretagne, je naviguais en en pratiquant la technique du waterstart, c’est-à-dire en utilisant presque exclusivement la force du vent. Je pense que mon dessin vient de cette expérience : il faut s’adapter au vent, être réceptif à l’environnement, tracer une ligne sur l’eau. Le fil conducteur, c’est le sens de l’équilibre. »
– Joël Person, entretien avec Callisto Mc Nulty, « Le dessin comme écriture » pour Et il n’est plus de place alors pour la peur, 2022

Le Tarn – Rabastens II
Le Tarn – Rabastens II, 2020, pierre noire sur papier, 25 x 25 cm
Focus sur
« À Rabastens, petite ville du Sud-Ouest, la chaleur estivale fige le paysage. Les bords de la rivière se peuplent de corps tranquilles. ici, rien de sismique. il s’agit plutôt d’un paisible partage, d’un abandon au flux. Cependant, le rythme est toujours là. Sans lui, le trait ne surgirait pas pour transfuser le paysage sur le papier. À la fois graphique et rythmique, cette particule élémentaire du dessin poursuit sa conquête du vide. À force de superposition, de croisement, d’enchevêtrement, elle devient l’eau de la rivière, un visage, une végétation. […] Des silhouettes surgissent, se dédoublent, s’estompent et se superposent, dans un jeu de surface où s’ouvre une profondeur intermittente. Ce qui ressort de ces dessins du Tarn – tout comme de la série Coastline où apparaissent des baigneurs du littoral -, c’est une sensation de temps stratifiée mais toujours saisie sur le vif. »
– Philippe Garnier, « Retour au monde sensible » pour Et il n’est plus de place alors pour la peur, 2022














