études aux Beaux-Arts

« Lorsque j’étais aux Beaux-Arts, certains étudiants se récriaient contre l’académisme de mes références artistiques, notamment le peintre David. Ils n’avaient que ce mot à la bouche. Alors je me suis intéressé à l’histoire de l’art et j’ai mené mes recherches. Il s’avère que David était un artiste de la révolution…«Contemporain» n’est pas toujours synonyme de subversion, je perçois même un certain académisme contemporain. Je ne me sens pas«artiste contemporain» — je me sens contemporain de mon époqu. »

– Joël Person, entretien avec Callisto Mc Nulty, « Le dessin comme écriture » pour Et il n’est plus de place alors pour la peur, 2022

Frédérique

Frédérique, 1984/2015/2024, fusain sur papier, 135 x 131 cm | Collection privée

Focus sur

« Est-ce difficile de dessiner ses intimes? Comment procèdes-tu? 
Longtemps, je trouvais difficile de dessiner mes proches en les faisant poser à l’atelier. Aujourd’hui, j’ai plus de facilité. Mais à l’époque des Beaux-Arts, lorsque j’ai commencé le portrait de mon amie Frédérique, j’avais du mal. C’est lié à la peur de trahir, de décevoir. J’ai d’abord dessiné son visage et le haut de son buste. C’était à l’été 1984 : nous étions en Bretagne, elle portait un body. L’hiver suivant, j’ai repris son portait en ajoutant de nouveaux éléments, par exemple le chandail qu’elle portait à ce moment-là. J’ai travaillé par superpositions, au fil des saisons. Mais le dessin ne me plaisait pas, j’ai laissé le papier vieillir. Trente ans plus tard, je l’ai retrouvé et l’ai terminé. Comme pour le portrait de mon père, j’ai fait évoluer le support en fonction de l’évolution du dessin, en ajoutant des feuilles. »

– Joël Person, entretien avec Callisto Mc Nulty, « Le dessin comme écriture » pour Et il n’est plus de place alors pour la peur, 2022