chevaux

« Joël Person n’est ni le premier ni le dernier à dessiner des chevaux. De nombreux artistes s’y sont consacrés, les montrant seuls et figés dans une pose ou alors montés par un cavalier trop digne, entortillé dans sa noblesse. Je ne sais rien de la marotte pour l’univers équestre et ne veux rien en savoir: je me contente d’examiner les dessins — mon ami l’écrivain Paul Nizon considère le cheval comme «le taxi de l’homme». Pauvre bête corvéable à merci, «bête de somme», dit-on encore. Ce que j’en vois, des dessins de Joël, outre l’appel au réalisme — qui peut sembler dépassé et même vieillot, alors qu’il n’est qu’intemporel —, c’est l’énigme qui se dégage de ces grands équidés noyés dans le crayon et le fusain. »

– Frédérik Pajak, « L’immense enfance » pour Et il n’est plus de place alors pour la peur, 2022

Le Cheval à la barre

Le Cheval à la barre, 2025, fusain et craie noire sur panneau de bois, 190 x 135 cm

Focus sur

Le « Cheval à la barre » est un motif récurrent et pivot de la carrière de l’artiste. Le cheval est cette fois-ci celui qui se retrouve enfermé. C’est l’animalité d’autant plus flagrante qu’elle est ferrée, d’autant plus troublante que la tête du cheval appuyée contre la barre ouvre sur l’espace du spectateur. Par la composition très contemporaine de ce tableau, Joël Person nous interroge sur la liberté qui ne dure qu’un temps, et sur la nature du dialogue que l’on peut établir avec un cheval dont les yeux sont littéralement « barrés »…